Multipotentialié et légitimité font-elles bon ménage ?

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Multipotentialié et légitimité font-elles bon ménage ?

Ah, le fameux syndrome de l’imposteur. Vous savez, cette petite voix qui vous rabaisse en permanence en vous demandant : « Pour qui tu te prends ? Tu penses vraiment être ça ? Fait moi rire ! ». Elle est dans la tête de chacun d’entre nous et peut-être encore plus sonore dans celle des multipotentiels. Parce que les mutlitpotentiels sont des « touche à tout » qui n’approfondissent jamais rien ? Certainement pas ! Mais parce que les multipotentiels se lancent beaucoup plus souvent que les autres dans de nouveaux projets et cherchent constamment à repousser leurs limites. Ils deviennent alors très coutumiers de cette petite voix nasillarde et désagréable.
Pourquoi se manifeste-t-elle ? Comment s’en débarrasser ? Vous verrez dans cet article que tout ne tient qu’à vous.

D’où viennent les symptômes ?

Ce syndrome est tout à fait normal. Il frappe chez tout le monde et à toutes les portes. Seule précaution à prendre : ne jamais le laisser entrer ! Avoir une pointe de doute de temps à autre ce n’est rien, mais commencer à douter sérieusement de soi simplement parce que l’on ne se juge pas légitime dans notre activité, certainement pas ! Il faut alors pousser de toutes ses forces pour fermer la porte à double tour. 

Dîtes-vous tout d’abord que ce sentiment d’illégitimité ne se manifeste que si vous comparez votre expérience aux autres et à ce que la société juge légitime. Cela ne vous est-il jamais arrivé d’être fier de vous d’avoir accompli quelque chose, puis de sentir toute votre satisfaction retomber comme un soufflé en voyant ce qu’une autre personne a fait ? On y est. Vous venez de vous comparer à quelqu’un qui l’a peut-être déjà fait 100 fois mais vous ne jugez que le résultat immédiat que vous voyez. Prenez-vous en compte le fait que cette personne a peut-être travaillé beaucoup plus que vous et s’est peut-être trompée 90 fois avant de réussir ? Nous avons tendance à comparer ce qui n’est pas comparable et à prendre le résultat de notre analyse pour une vérité universelle, or tout le raisonnement est biaisé. Faites la course avec un athlète olympique et il est évident que vous serez loin derrière. Suivez exactement le même entraînement que cet athlète et seulement là vous pourrez vous comparer.

L’autre origine du syndrome de l’imposteur nous vient de la société et de la façon dont nous avons été formatés. Depuis tout petit, on nous dit que l’école et les études c’est important car c’est cela qui nous permettra d’avoir un métier, et donc de l’argent, et donc une belle vie parfaite et heureuse. Et vous, vous avez osé vous lancer en tant que graphiste sans avoir de diplôme ? Ou encore créer une entreprise sans avoir fait une école de commerce ? C’est voué à l’échec ! Ou pas… car toutes ces certitudes ne sont que des croyances limitantes. Beaucoup d’autres facteurs rentrent en compte mais encore une fois, nous limitons notre jugement à des données biaisées. L’expérience, la pratique et l’apprentissage comptent aussi beaucoup dans la balance. Ils sont même essentiels, pourtant ils sont beaucoup moins valorisés que des diplômes pour lesquels nous nous sommes seulement contenté de recracher des cours par cœur. Cela fait réfléchir, non ?

Comment venir à bout du syndrome de l’imposteur ?

Loin d’être exhaustive, cette rapide analyse des origines du syndrome de l’imposteur tend toutefois à nous montrer qu’il dépend principalement de notre perspective et de notre positionnement. Changer son état d’esprit, aborder les choses différemment sont déjà des premières étapes pour en venir à bout, mais surtout ne plus se sentir bridés par lui. 

Tout comme avoir des pensées positives, plutôt que des pensées négatives, cela demande de la pratique. Comment ? Voici quelques astuces et outils qui pourront, je l’espère, vous aider :

  1. Regardez régulièrement le chemin parcouru plutôt que de constamment vous concentrer sur ce qui n’est pas encore fait. On dit souvent qu’il ne sert à rien de se retourner sur son passé. Dans ce cas précis, cela est pourtant très bénéfique. Votre site web a encore des disfonctionnements et ça vous agace ? Et si vous le comparez à sa toute première version, comment vous sentez-vous ?
  1. Savourez les petits succès. On a souvent tendance à minimiser son propre parcours, ses propres accomplissements et on a bien tort. Chaque petit pas dans la mise en œuvre de votre projet doit être célébré. Cela vous permet de vous concentrer sur tout ce que vous parvenez à accomplir plutôt que sur les problèmes.
  1. Arrêtez de vous comparer aux autres. Tout le monde, y compris les experts, a commencé en ne sachant rien. Apprenez plutôt à regarder le chemin qu’ils ont parcouru, plutôt qu’où ils en sont maintenant.
  1. Changez votre regard sur l’échec. N’en faites pas un ennemi, mais plutôt un allié car seul les échecs vous permettent d’apprendre et de faire toujours mieux. 
  1. Passez à la pratique ! Arrêtez de trouver des excuses et de vous dire qu’il vous manque telle ou telle chose. Les livres, les formations et les études peuvent être un soutien solide, mais ils ne vous donneront jamais toutes les solutions. L’expérience en revanche a beaucoup à vous enseigner. 
  1. Enfin, forcez-vous à formuler les choses. Mettre des mots sur ce que vous faites les rend encore plus réels. Vous avez créé votre entreprise ? Alors dites-le : oui, je suis chef d’entreprise !

Soyez vous, soyez vrais !

Vous avez tout de même besoin que quelqu’un de « légitime » vous le dise ? Dans une interview pour la chaîne TV Libertés, l’économiste français, Charles Gave, a enfin osé dire ce que tout le monde pense tout bas. Non, ceux qui ont fait les meilleures études ne sont pas les plus intelligents. Non, ce n’est pas parce que l’on a fait les meilleures études que l’on est les plus à même à prendre des décisions. En y regardant de plus près, est-ce que certaines personnes autour de vous, connues ou non, ne seraient pas plus illégitimes que vous ?

Pour conclure, gardez à l’esprit que le plus important est l’impact que l’on a sur le monde et les autres. Les diplômes, les récompenses et les médailles n’ont un impact que sur notre ego, et surtout, ils ne viendront pas à bout du syndrome de l’imposteur. Si vous le laissez grandir, il trouvera toujours un moyen de vous faire sentir illégitime. Alors agissez avec passion, courage et détermination. Si vous croyez au « pourquoi » de vos actes, vous réduirez vite cette petite voix nasillarde au silence. Et hop ! Au placard !

Par |2018-07-28T18:28:13+00:0010 juillet 2018|Articles|0 commentaire

À propos de l'auteur :

Émilie a plusieurs casquettes et donc plusieurs cordes à son arc. Professionnelle dans le domaine humanitaire/philanthropie, elle occupe actuellement le poste de Chargée de Développement pour l'ONG Humanium spécialisée dans les Droits de l'Enfant. Parallèlement, elle gère et développe sa société Ar'péro, qui propose un tout nouveau concept d'événements artistiques et créatifs dans plusieurs villes en France (pour entreprises et particuliers). Enfin, elle est écrivain. Son premier roman, Le Cordon d'Argent, est disponible aux éditions Abatos.
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