Pendant longtemps, j’ai cru que mon parcours décousu, mes changements de direction et mon besoin de variété voulaient dire qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.
Puis j’ai découvert que le problème n’était peut-être pas moi, mais la manière dont j’essayais de me comprendre.
Cette vidéo et cet article racontent ce basculement.
L’idée centrale de cet article :
Quand on s’intéresse à beaucoup de choses, on finit facilement par croire qu’on est dispersé, instable ou “pas fait comme il faut”.
Mais ce qui ressemble à un problème est parfois surtout un fonctionnement qu’on n’a jamais appris à comprendre.
Trouver sa voie, ce n’est pas toujours choisir une seule direction.
C’est parfois réussir à relier les morceaux.
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.
Je m’intéressais à plein de choses. J’apprenais vite. Je pouvais me passionner très fort pour un sujet, m’y investir à fond… puis, au bout d’un moment, sentir l’élan retomber. La routine arrivait, l’ennui aussi, et avec lui cette impression étrange de vide. Alors je repartais vers autre chose. Encore.
Vu de l’extérieur, mon parcours avait l’air décousu. Vu de l’intérieur, il me faisait surtout douter de moi.
J’avais un master en informatique, des compétences en marketing, des expériences professionnelles dans plusieurs univers, des passions très différentes les unes des autres… mais rien qui semblait vraiment se relier.
Je voyais bien que j’étais curieux, capable d’apprendre vite, attiré par beaucoup de choses.
Mais je voyais surtout ce que ça ne faisait pas de moi : quelqu’un de stable, de linéaire, de facile à résumer.

À vingt ans, on disait souvent que j’étais brillant. À trente, je me sentais surtout paumé.
Quand ton parcours ne ressemble à rien de logique
Pendant longtemps, j’ai essayé de faire rentrer tout ça dans un récit cohérent. Un récit propre. Présentable. Compréhensible.
Je voulais que mon parcours ait l’air logique. Je voulais qu’on puisse tracer une ligne claire entre mes expériences, mes choix, mes envies. Je voulais pouvoir répondre simplement à la fameuse question : “Et toi, tu fais quoi ?”
Mais plus j’essayais de faire rentrer ma vie dans une case, plus j’avais l’impression de me trahir.
Parce qu’au fond, ce n’était pas juste une question de CV ou d’image. C’était une question de fonctionnement.
Je passais d’un sujet à l’autre, d’un projet à l’autre. Mais à chaque fois, ce n’était pas léger ou superficiel. J’y allais à fond, vraiment. Et puis à un moment, l’élan n’était plus là. Et comme je ne comprenais pas ce qui se passait, je me disais que le problème venait de moi.
Je me disais que je n’allais jamais au bout des choses. Que je manquais de discipline. Que je n’étais pas fiable. Que j'étais toujours “trop” quelque chose : trop dispersé, trop instable, trop difficile à faire rentrer dans les cases prévues.
Le plus dur, ce n’était pas de changer
Avec le recul, je crois que le plus dur, ce n’était pas de changer souvent de direction.
Le plus dur, c’était de ne pas comprendre pourquoi.
C’était de voir les autres avancer dans des trajectoires qui semblaient claires, droites, évidentes, pendant que moi j’essayais surtout de faire en sorte que mon chemin ait l’air "normal". C’était l’énergie dépensée à essayer de ressembler à un fonctionnement qui n’était pas le mien.
Je me suis longtemps demandé si j’étais cassé, ou juste inadapté.
Inadapté à ce monde où l’on valorise la spécialisation, la stabilité, la trajectoire bien tracée, la capacité à choisir une voie et à s’y tenir.
Inadapté aussi à cette idée très répandue selon laquelle un “bon” parcours est un parcours lisible, régulier, rassurant.
À un moment, j’ai même cru que le problème venait du décor. Alors je suis parti au Canada. Nouveau pays, nouvelles règles, nouvelle vie (en apparence).
Mais au fond, le scénario restait le même.
Tu peux changer de ville, de job, d’environnement, même de pays. Si tu ne comprends pas ton fonctionnement, tu risques de recréer ailleurs la même confusion, juste avec un autre paysage.
Le jour où j’ai découvert le mot “multipotentiel”
Ma vie a changé à un moment très banal.
Un midi comme les autres.
Une pause déjeuner comme les autres.
Un sandwich comme les autres.
Je suis tombé sur la conférence d’Émilie Wapnick et, en douze minutes, elle a mis des mots sur quelque chose que je vivais depuis des années sans réussir à l’expliquer.

Multipotentiel.
Je ne vais pas te raconter que tout s’est réglé d’un coup. Ce serait faux.
Mais il s’est passé quelque chose de très fort : ce que j’avais vécu jusque-là a commencé à faire sens.
D’un coup, les fragments se sont reliés :
Mes passions.
Mes détours.
Mes changements.
Mes élans.
Mon besoin de variété.
Mon inconfort dans certaines trajectoires trop figées.
Tout ça n’était plus la preuve que j’avais un problème. C’était peut-être juste l’expression d’un fonctionnement que je n’avais jamais appris à reconnaître.
Et rien que ça, ça soulage énormément.
Pas parce que tout devient facile. Mais parce que tu peux enfin arrêter de te battre contre toi-même.
Ce mot n’a pas tout réglé, mais il a changé mon regard.
Découvrir le mot multipotentiel n’a pas supprimé tous mes doutes.
Je n’ai pas soudainement obtenu un plan de carrière limpide, un business plan parfait ou une vie sans souci. Ce n’est pas comme ça que ça s’est passé.
Mais ça a changé mon regard.
J’ai commencé à me poser d’autres questions.
Pas “comment faire pour enfin rentrer dans une case ?”
Pas “comment devenir plus normal ?”
Pas “comment avoir un parcours plus propre ?”
Mais plutôt :
- Qu’est-ce qui me donne envie d’avancer ?
- Qu’est-ce que j’ai envie d’apporter ?
- Qu’est-ce qui relie vraiment toutes ces expériences ?
- Qu’est-ce qui, chez moi, revient encore et encore, même quand les formes changent ?
C’est là que j’ai commencé à voir apparaître un fil rouge.
Pas un fil rouge fabriqué pour rendre mon parcours plus joli.
Un vrai fil rouge.
Quelque chose de plus profond que les intitulés de poste ou les activités elles-mêmes.
Chez moi, ce fil rouge a toujours tourné autour de la même chose : créer des environnements dans lesquels les gens peuvent s’exprimer, progresser, se dépasser à leur manière.
C’était déjà là dans la musique, le sport, le jeu vidéo en compétition, mes différents boulots...
Pendant longtemps, j’ai cru que le sujet, c’était de rendre tout ça cohérent de l’extérieur. Alors qu’en réalité, le plus important, c’était de comprendre pourquoi je faisais ce que je faisais.

C’est comme ça que Kmeo est né
Kmeo n’est pas né d’un plan parfaitement rationnel.
Ce n’est pas sorti d’un business plan bien carré ou d’une stratégie ultra propre dès le départ.
C’est né d’un besoin beaucoup plus profond : celui de créer un projet à mon image. Un endroit où je n’aurais plus besoin de choisir entre des parties de moi. Un espace où ce que j’étais pouvait enfin coexister au lieu de se contredire.
Avec le recul, je crois que Kmeo est né à l’endroit exact où j’ai commencé à moins me juger.
À l’endroit où j’ai commencé à comprendre que mon problème n’était peut-être pas d’être trop dispersé, trop curieux ou trop changeant.
Le problème, c’était surtout que je regardais mon fonctionnement avec les mauvais critères.
Encore aujourd’hui, tout n’est pas figé.
Et heureusement.
Ce projet continue de me confronter à mes limites, à mes peurs, à mes doutes. Il m’oblige à évoluer, à me remettre en question, à me réinventer.
Parfois c’est inconfortable.
Parfois c’est instable.
Mais il me fait me sentir vivant.
Et surtout, aujourd’hui, je me comprends mieux.
Peut-être que le problème n’est pas celui que tu crois
Si tu lis ces lignes en te reconnaissant dans une partie de ce que je raconte, j’ai envie de te dire quelque chose de simple :
Le problème n’est peut-être pas que tu es cassé.
Le problème n’est peut-être pas non plus que tu manques de discipline, de volonté ou de sérieux.
Le problème, c’est peut-être que tu essaies encore de te comprendre avec les critères d’un modèle qui n’est pas fait pour toi.
Quand on s’intéresse à beaucoup de choses, quand on a un parcours qui part dans plusieurs directions, quand on a du mal à se présenter de façon simple, quand on change, quand on doute, quand on a besoin de sens, de variété ou d'apprendre… on finit souvent par croire que quelque chose cloche.
Alors qu’en réalité, il y a parfois surtout un fonctionnement à comprendre.
Un fil rouge à faire émerger.
Une autre lecture à poser sur son parcours.

Être multipotentiel, ce n’est pas juste aimer faire plein de choses.
C’est apprendre à se comprendre.
À relier ce qui peut sembler décousu.
Et peut-être, surtout, à arrêter de s’excuser d’être comme on est.
Si cette vidéo te parle
J’ai raconté tout ça dans une vidéo très personnelle : “J’ai longtemps cru que j’étais cassé”.
Je l’ai faite tard. Probablement plus tard que ce que j’aurais pu. Pas parce que je n’avais rien à dire, mais parce que j’ai longtemps cru que mon histoire n’intéresserait personne. Qu’elle était trop décousue, trop instable, pas assez propre.
Aujourd’hui, je pense l’inverse.
Je pense que ce genre de parcours mérite d’être raconté.
Parce qu’il peut aider d’autres personnes à se sentir moins seules.
Parce qu’il peut mettre des mots sur un vécu diffus.
Parce qu’il peut ouvrir une autre manière de se regarder.
Tu peux regarder la vidéo ici.
Et si tout ça résonne fort chez toi, n’hésite pas à la commenter ou à la partager à quelqu’un à qui ça pourrait parler.
J’espère surtout que ce sera peut-être le début d’une autre manière de te regarder, et de construire quelque chose qui te ressemble vraiment.

Es-tu prêt.e à nous rejoindre ?


Utilise ce super Quiz maison pour déterminer si tu as un profil multi et venir ajouter ta pierre à notre #projet1000K !






