Est-ce que comme Emeric, Anaïs et Virginie et plein d’autres multipotes de la kommunauté, vous avez un grand besoin d’apprendre et ça vous arrive de vous perdre très facilement dans les rayons de livres de la FNAC ou d’une bibliothèque ?

Vous allez de rayon en rayon, de livre en livre jusqu’à ce que votre curiosité et votre soif d’apprentissage vous fassent perdre toute notion du temps ?

Et si vous avez découvert ce qu’est un MOOC, il y a peu de chances que vous vous soyez contenté de ne vous inscrire qu’à un seul. Ne faites pas l’étonné, je le sais !

Je le sais parce que, vous comme moi, nous sommes poussés par notre curiosité à devenir des addicts de l’apprentissage car nous avons besoin d’apprendre.

Une curiosité naturelle d’enfant et un fort besoin d’apprendre

Personnellement, je ne suis pas haut-potentiel, asperger ou autre, j’ai simplement conservé ma curiosité d’enfant en me posant plus de questions que les autres. Et ces questions méritent des réponses. L’obtention de ces réponses va m’amener dans une étape de recherche.

Une fois les informations trouvées, celles-ci vont me nourrir intellectuellement car j’y trouve une source d’apprentissage et de connaissance sur moi-même. Ce qui me permet d’apprendre à dompter ma multipotentialité qui, elle, contribue à me disperser.

Si autant de multipotentiels ont le sentiment de partir dans tous les sens ou de se disperser, c’est en partie dû à cette nouvelle ère de la connaissance dans laquelle on vit.

Notre époque nous propose une multitude de contenus intéressants qui nourrissent notre curiosité et distraient notre esprit et il est difficile pour nous de ne pas y succomber.

Kmeo lutter contre ses peurs, besoin d'apprendre, soif d'apprentissage, multipotentiel, apprentissage et multipotentiel, besoin de nouveauté

L’apprentissage, une façon de lutter contre ses peurs ?

Au fil des années de mon expérience de formateur, j’ai constaté la chose suivante : celles et ceux qui réussissent à faire naître puis vivre leur projet ou à rebondir après un échec ont un rapport positif à l’acquisition de nouvelles connaissances et l’apprentissage de nouvelles habiletés.

De nombreuses personnes m’avouent vouloir rester dans un job qui ne leur convient pas car elles ont peur à l’idée de se reconvertir. Bien souvent, elles se réfugient derrière des excuses familiales ou d’âge. Je comprends ces peurs.

Une peur provient très souvent d’un manque de connaissances vis-à-vis d’une situation inconnue. Pourquoi est-ce que je les comprends ? Car moi aussi j’en ai eu lorsque j’ai quitté mon job. J’ai dompté mes peurs en apprenant l’entrepreneuriat.

Donc, derrière mon addiction à l’apprentissage (partagée par de nombreux multipotentiels) c’est surtout une peur du changement et de l’inconnue que j’ai atténuée.

Apprendre m’a donc permis de réduire considérablement mes peurs. Et je suis sûr que derrière chaque personne addict à l’apprentissage, il existe une peur. A condition d’en prendre conscience, cette peur peut être un moteur qui permet de se nourrir et d’entretenir ce sentiment d’être vivant.

Et c’est ce sentiment d’être vivant que je cherche à entretenir en apprenant continuellement.

Une vertue thérapeutique

Pour certains, l’apprentissage est une corvée, une contrainte à éviter ou une sorte de punition. Pourtant pour moi c’est un vrai plaisir et c’est devenu l’une de mes activités préférées.

Seulement nous évoluons dans un monde de spécialistes et d’experts qui nous renvoie automatiquement à une image de personne inconstante.

La démocratisation du terme multipotentiel par Emilie Wapnick a permis à de nombreux multipotentiels de sortir de l’apitoiement, de la culpabilité et de la honte de ne pas rentrer dans les cases.

J’ai mis du temps à prendre conscience qu’il fallait que je grandisse en me nourrissant intellectuellement. Moi qui ne comprenais pas pourquoi tout me semblait être en décalage, hors de contrôle et si compliqué. Jusqu’au jour où j’ai clarifié mon rapport à l’apprentissage pour ne plus l’associer à l’école et à la souffrance (je détestais l’école), mais à la compréhension de moi-même et la recherche de plaisir.

Et j’ai accepté l’idée que j’avais un réel besoin d’apprendre qu’il était nécessaire d’assouvir.

Apprendre a aussi une formidable vertu thérapeutique. C’est aussi pour cette raison que nous sommes addicts à l’apprentissage.

Pour beaucoup, l’apprentissage n’est qu’un moyen pour atteindre un but. Pour nous, c’est un besoin qui nous nourrit et nous donne le sentiment d’être vivant.

Nous avons un rapport à l’apprentissage différent des spécialistes.

Pour beaucoup d’entre eux, l’apprentissage est un moyen de démontrer ou de valider une expertise, un moyen qui permet d’atteindre un résultat.

Mais pour notre part, nous sommes constamment mobilisés par :

  • L’envie de trouver de nouveaux remèdes à l’ennui et de nouvelles sources de plaisir.

  • La nécessité de mettre de côté notre tendance à nous poser des questions en boucle dont on n’a pas la réponse. 

  • Et au final d’apprendre à se piloter soi-même en apprivoisant notre multipotentialité par le savoir.

Kmeo lutter contre ses peurs, besoin d'apprendre, soif d'apprentissage, multipotentiel, apprentissage et multipotentiel, besoin de nouveauté

Addict à l’apprentissage ou à l’expérience d’apprentissage ?

Les personnes au profil multipotentiel ont souvent en commun une grande curiosité, un besoin de nouveauté et aime avoir l’impression de vivre plusieurs vies en une journée.

Est-ce que notre besoin d’apprendre ne nous attirerait pas davantage vers l’expérience d’apprentissage en elle-même plutôt que par le savoir? Je me suis posé cette question et il en est ressorti que ça n’est pas tant le processus d’acquisition de savoir ou de savoir-faire qui m’intéresse mais le processus d’apprentissage à proprement parler qui est lui conscient, volontaire et observable. 

Celui-ci me permet de mettre en pratique, de regarder et de répéter et a pour objectif d’acquérir non pas une connaissance mais une compétence. Car ma source d’apprentissage principale est la pratique que je complète avec la théorie.

A vous de vous demander où est-ce que vous vous situez dans la situation d’apprentissage ? Dans le processus d’acquisition ou le processus d’apprentissage en lui-même ? La connaissance ou l’expérience ? Dans les deux cas, il en découle un désir profondément ancré d’apprendre. Et ce désir nous amène à devoir lutter contre notre envie de nouveauté liée à la découverte de nouvelles thématiques d’apprentissage.

Et c’est ce qui nous amène à nous éparpiller facilement par trop de tentations d’apprentissage. Ce qui nous vaut l’étiquette d’« inconstant » aux yeux du monde professionnel, alors que les tentations d’apprendre de nouvelles choses sont partout, car tout est à notre portée.

L’insatiable soif d’apprentissage lié au besoin d’apprendre

Il faudrait que notre engagement émotionnel à poursuivre dans un seul domaine soit plus fort que toutes ces tentations d’apprendre de nouvelles choses.

Quand nous nous situons dans une démarche d’apprentissage, il est normal de vivre la dispersion et donc l’inachèvement de certaines choses. C’est lié au besoin d’apprendre et de ce fait de ne pas maîtriser le domaine que l’on est en train d’explorer.

Si nous sommes jugés comme des « inconstants », c’est peut-être parce que notre but n’est pas de devenir champion du monde de boxe, expert en économie ou bien encore moins bouddhiste.

Être addict à l’apprentissage en tant que multipotentiel, c’est répondre à son besoin d’apprendre…

Vous l’aurez compris, chacun son but et sa priorité.

Certains d’entre nous seront experts dans un domaine et d’autres ne le seront jamais. On peut aimer apprendre étudier l’art et ne jamais devenir artiste.

Tout apprentissage est une richesse. Donnez-vous la permission d’accepter votre fonctionnement sans rentrer dans la justification. Et autorisez-vous à choisir vos priorités et votre mode d’alimentation pédagogique pour satisfaire votre insatiable besoin d’apprendre.

Car même si aujourd’hui notre société continue de fonctionner sur la logique d’apprentissage dans le but d’obtenir un diplôme et d’accéder à un seul travail, vous pouvez être sûr que vous ferez partie des premiers à vous adapter à cette nouvelle ère de la connaissance où il sera demandé de maîtriser de plus en plus de savoirs et de savoir-faire. 

Et comme l’a dit Zoé, une membre de la communauté : “Puisque l’on apprend super vite, plus vite que la moyenne, éh bien on est toujours en quête d’un « après » ” .

Un « après » qui nous ne nous amène pas à anticiper l’avenir mais à composer avec lui pour une vie cohérente avec soi-même.

A bon entendeur !

Et vous ?

Etes-vous un addict à l’apprentissage ?
Si c’est le cas, dites-nous en commentaires qu’est-ce que vous aimez apprendre.