Mon TEDx sur la multipotentialité : et si ne pas avoir une seule voie était une force ?

En avril 2025, on m'a invité à monter sur la scène de TEDxIMTMinesAlès pour parler d'un sujet qui m'obsède depuis des années : la multipotentialité.

Une école d'ingénieurs, une pastille rouge derrière moi, et dix-huit minutes pour défendre une idée à contre-courant : et si ne jamais trouver sa "vocation" n'était pas un défaut à corriger, mais une force dont le monde a justement besoin en ce moment ?

Voici ce que j'y ai raconté, et pourquoi j'avais besoin de le dire.

Tu as deux options.
Si tu préfères la regarder, la conférence est juste en dessous.
Si tu es plutôt lecture, la version texte t'attend sous la vidéo.

Tu veux faire quoi comme métier plus tard ?

Tout le monde a entendu cette question un jour. Moi, mon problème n'a jamais été de ne rien vouloir faire. C'était l'inverse : j'avais envie de tout faire, et j'étais incapable de m'imaginer répéter la même chose toute ma vie.

À 16 ans, pourtant, il a bien fallu choisir. Alors j'ai fait comme tout le monde, c'est-à-dire sans expérience et sans information. Quand on y pense, c'est un concept étrange. Un peu comme si on demandait à un ado son plat préféré, et qu'on lui annonçait ensuite qu'il devra ne manger que ça jusqu'à la fin de ses jours.

J'ai choisi l'informatique. Cinq ans d'études, un master, et un métier que j'ai exercé six mois avant de m'ennuyer. Alors j'ai changé de voie. Une première fois, puis une seconde, encore et encore.

Jusqu'à 30 ans, je me répétais que j'allais bien finir par tomber sur le fameux Graal, cette "vocation" dont tout le monde parle. Passé cet âge, comme je n'avais toujours rien trouvé qui me fasse vibrer, j'en ai conclu que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. J'étais même prêt à me résigner, à continuer un métier qui ne me plaisait plus, tout en sentant que j'avais beaucoup plus à offrir.

Alors je suis parti faire une retraite spirituelle à Bali, et là, j'ai eu l'illumination.
Non, je plaisante.
En vrai, j'ai demandé à ChatGPT.
Bon, ça non plus ce n'est pas tout à fait vrai : quand je lui ai demandé quoi faire de ma vie, il m'a répondu en substance qu'il n'en savait fichtre rien.

La vérité est plus banale. Un jour, pendant ma pause déjeuner, je suis tombé sur une conférence TED intitulée "Pourquoi certains d'entre nous n'ont pas de vocation". Emily Wapnick y décrit un profil qu'elle appelle le multipotentiel.

Photo d'Emilie Wapnick en pleine conférence (Tedx Multipotentialité)

Et là, révélation. J'ai mis plusieurs minutes à m'en remettre. Pour la première fois, quelqu'un mettait des mots sur mon vécu et me montrait que je n'étais pas seul, que je n'étais pas fou, et que rien ne clochait chez moi. C'est cette conférence qui a tout déclenché, et c'est elle qui m'a, des années plus tard, conduit sur la scène de TEDxIMTMinesAlès.

C’est quoi, un multipotentiel ?

J'ai tendance à dire, pour plaisanter, que c'est quelqu'un à qui tu parles d'un métier et qui aussitôt a envie de le faire.

Plus sérieusement, c'est quelqu'un porté par une curiosité insatiable, un besoin d'apprendre, de comprendre, d'explorer. Il se passionne vite et intensément pour un sujet, avant de passer à autre chose. Il s'intéresse à des domaines si variés qu'ils paraissent sans lien aux yeux des autres, alors que lui sent qu'il y a un fil, même s'il a parfois du mal à l'expliquer.

Donnez-lui un poste, il le prend en main en un temps record et s'en lasse tout aussi vite.

Il privilégie naturellement la pensée en arborescence : il connecte les idées, les disciplines, les gens. Là où d'autres voient des cases, lui voit des ponts. Ajoutez à ça un radar à l'absurde, une allergie aux jeux de pouvoir, et une peur panique des plans de carrière sur cinq ans.

Et si vous voulez le faire buguer, demandez-lui simplement "et sinon, tu fais quoi dans la vie ?"

Surtout, il grandit souvent avec un sentiment de décalage, l'impression de ne jamais rentrer tout à fait dans les cases, comme un extraterrestre parachuté sur Terre sans la notice.

Voilà ce qu'on appelle un multipotentiel. On aurait pu les appeler connecteurs, scanneurs ou généralistes, si le mot n'avait pas déjà été monopolisé ailleurs. 


Quand j'ai découvert ce terme, je me suis mis à creuser, à décortiquer, à en parler autour de moi. Les ressources en français étaient quasi inexistantes. Alors, avec une ancienne collègue, on a créé Kmeo pour rassembler nos recherches et réunir une communauté. Des gens comme nous, qui avaient toujours cru qu'ils étaient "trop", ou "pas assez", ou "pas comme il faut", alors qu'ils fonctionnent juste différemment.

Aujourd'hui, cette communauté réunit plus de 14 000 multipotentiels, et on les aide à comprendre leur fonctionnement, à retrouver du sens, à transformer cette différence en force.

Mon TEDx est né de cette envie d'aller plus loin que le TED d'Emily. De prendre le relais et de défendre une idée simple : ces profils qu'on a trop souvent jugés instables sont peut-être justement ceux dont on a le plus besoin pour affronter les défis d'aujourd'hui et de demain.

Orateur (Julien De Lopez) sur scène TEDx expliquant la définition du profil multipotentiel avec écriture sur écran géant.

Le vrai problème n’est pas personnel, il est structurel.

Au fil de mes recherches, j'ai compris une chose essentielle. Ce que je vivais n'était pas un problème personnel, c'était un décalage structurel. Un décalage entre mon fonctionnement et celui du monde qu'on m'avait appris à intégrer.

Ce monde-là, celui de l'école, de l'orientation, de la carrière bien tracée, repose sur un modèle hérité d'une autre époque. Un monde stable, prévisible, linéaire, où l'on te forme à un métier que tu exerceras toute ta vie. Un monde qui valorise ceux qui choisissent une voie claire et regarde de travers ceux qui explorent, qui doutent, qui s'intéressent à trop de choses.

Mais ça n'a pas toujours été le cas. Pendant des milliers d'années, personne ne se demandait s'il était fait pour la cueillette ou si chasser était sa vocation. On faisait ce qu'il y avait à faire, on apprenait ce qu'il fallait savoir, et souvent beaucoup de choses différentes.

Plus on avait de compétences, plus on avait de chances de s'en sortir.
Plus on savait relier les savoirs, plus on était utile à sa communauté.

Prenez Léonard de Vinci : peintre, architecte, inventeur, anatomiste, musicien, urbaniste. On imagine mal quelqu'un lui dire de reprendre ses pinceaux fissa parce qu'il a des anges à finir au plafond, plutôt que de perdre son temps avec ses croquis d'hélicoptères.

Image orange manuscrite de Léonard de Vinci

Je ne prétends pas qu'on est tous des De Vinci, mais on est tous, à des degrés divers, des touche-à-tout.

Ce qui fut un avantage, et même une nécessité de survie pendant des millénaires, est devenu en moins d'un siècle un problème à régler.

Au tournant des années 1900, le progrès industriel a imposé une autre logique : optimiser, segmenter, répéter, rentabiliser. L'hyperspécialisation n'est pas un bug, c'est une construction historique, bâtie sur trois piliers.

La révolution industrielle, taylorisme et fordisme, pour produire plus vite et moins cher.
La guerre froide et la course technologique, pour envoyer des hommes sur la Lune avant l'autre camp. Et un système éducatif transformé en usine à métiers, pensé pour fabriquer une main-d'œuvre docile, efficace et interchangeable.

Tout cela avait du sens pour un monde stable.
Sauf que ce monde-là n'existe plus.

Le monde a changé, pas le modèle

À la fin des années 1980, l'armée américaine a forgé le terme VICA (VUCA en anglais) pour décrire le monde post-guerre froide : volatil, incertain, complexe, ambigu.

Aujourd'hui, même VICA ne suffit plus. En 2020, le futurologue Jamais Cascio a proposé un nouvel acronyme, FANI (BANI en anglais) : fragile, anxiogène, non linéaire, incompréhensible.

Ce monde-là ne veut plus de certitudes rigides. Il réclame de l'adaptabilité, de la nuance, de l'agilité, et des gens qui n'ont pas besoin que le monde soit stable pour continuer à avancer.

Schéma montrant le passage du modèle VICA au modèle FANI

Les chiffres vont dans le même sens. Selon plusieurs études, une compétence technique avait une durée de vie d'environ 30 ans en 1987, contre 5 ans au début des années 2010, et aujourd'hui moins de 2 ans, parfois 6 à 12 mois dans l'informatique.

Pour un étudiant qui démarre une formation de cinq ans, une bonne partie de ce qu'il apprend en première année sera périmée avant même la fin de son cursus. J'avoue avoir hésité à glisser ce point, sachant que je donnais cette conférence dans une école d'ingénieurs...

On cite aussi souvent le chiffre, plus contesté, selon lequel 65 % des enfants aujourd'hui en primaire exerceront un métier qui n'existe pas encore. En lisant ça, j'ai immédiatement pensé à ma fille Sofia, 3 ans. Je l'ai imaginée, à la question "tu veux faire quoi plus tard ?", répondre "dresseuse de licornes dans le métavers". Et au fond, qui peut lui affirmer que ce n'est pas un vrai métier ? On n'en sait rien. À ce stade, personne ne sait quels métiers existeront dans 20 ans.

Pourtant, on continue de faire comme si on savait. On oriente les enfants très tôt, on les pousse à choisir le plat qu'ils mangeront toute leur vie.

Ne serait-il pas plus logique de les laisser d'abord parcourir le monde ? De découvrir des cuisines différentes, des plats simples, des plats complexes, ce qu'ils adorent et ce qu'ils détestent. Et seulement ensuite, de choisir ce qui leur correspond vraiment.

Le cycle divergence et convergence

En design thinking, une méthode de gestion de l'innovation, on appelle ça la divergence et la convergence.

La divergence, c'est le moment où l'on ouvre le champ des possibles. On lit un article tombé là par hasard, on s'inscrit à un atelier juste parce que "ça a l'air sympa". Une phase de curiosité sans a priori, où l'on s'autorise à dire oui à beaucoup de choses.

Vient ensuite la convergence : le moment où l'on trie, où l'on clarifie, où l'on choisit. On garde ce qui résonne, on met le reste de côté, on transforme l'inspiration en direction. Cette phase demande un autre état d'esprit : ralentir, prendre du recul, oser dire non à ce qui disperse pour dire un vrai oui à ce qui compte.

Ce va-et-vient, on le retrouve partout : chez les artistes qui expérimentent avant de fixer un style, chez les ingénieurs qui imaginent des solutions avant d'en implémenter une.

Dans la vraie vie, c'est pareil. Ces deux phases sont naturelles, essentielles, et cycliques. On ne reste pas la même personne à 20, 30 ou 40 ans. Le monde change, nos envies aussi. Ce qui compte n'est donc pas de choisir une fois pour toutes, mais d'accepter d'alterner ces deux états tout au long de sa vie. Ce n'est pas un manque de constance, c'est une forme d'intelligence adaptative.

Le monde a besoin de gens qui savent apprendre, désapprendre et recommencer.

La spécialisation n'est pas le problème

Attention, le problème n'est pas la spécialisation en soi. Je préfère encore me faire opérer par un chirurgien que par Fab de la compta qui me rassure d'un "t'inquiète, j'ai vu quelques tutos sur YouTube".

Le problème, c'est l'injonction à la spécialisation, comme si c'était la seule option valable. On finit par imposer les mêmes critères à tout le monde, alors qu'on a autant besoin de gens qui cochent les cases que de gens qui font le lien entre elles.

Il y a un autre enjeu dont on parle encore trop peu.

Plus on pousse les gens vers l'hyperspécialisation, plus on les met en concurrence directe avec des outils eux-mêmes hyperspécialisés. Des machines, des algos, des IA qui iront toujours plus vite que nous et seront toujours plus efficaces, mais qui ne seront jamais humaines. Ce qui nous distingue encore, ce n'est pas notre capacité à suivre un process, mais à nous adapter. Ce n'est pas notre talent à cocher des cases, mais notre aptitude à ressentir, à nuancer, à réagir à l'imprévu.

Notre époque nous force à repenser la place de l'humain, non plus comme exécutant, mais comme éclaireur et créateur de sens.

C'est pour ça que le monde a plus besoin que jamais des multipotentiels. Parce qu'ils savent changer de point de vue, parce qu'ils relient ce que d'autres cloisonnent, parce qu'ils ressentent avant même que ce soit rationnel.

Le monde a besoin de connecteurs

Depuis qu'on a commencé à parler de ce sujet chez Kmeo, on a reçu des centaines de messages. Toujours la même musique : "je me reconnais tellement dans ce que vous décrivez, et rien que ça, ça me fait du bien. Je croyais être un extraterrestre, et finalement je ne suis pas tout seul. En fait, je suis juste normal. Enfin, pour un multipotentiel."

C'est troublant, parce que de notre côté on postait des gifs de chat, des anecdotes marrantes, des mèmes. En retour, on recevait des messages chargés. Des gens perdus, découragés, fatigués d'avoir essayé de rentrer dans des cases trop étroites pour eux.

Un jour, pour notre podcast, j'ai interviewé un certain Georges Duffau. 

Photo de Julien De Lopez et de Georges Duffau

Sa vie a commencé dans un bac à sable. Son père le surprend un matin en train de jouer dedans, concentré comme un petit chercheur en pleine expérience. À partir de là, ses parents ont toujours veillé à ce que Georges ait un bac à sable à portée de main. Son père lui répétait souvent : "il faut toujours avoir des projets."

Georges a pris la consigne au pied de la lettre. À 8 ans, il retape le toit d'une porcherie ; son père rentre du travail et lui lance "c'est bien ce que t'as fait, je te ramènerai des planches demain". À 10 ans, il tend un fil électrique dans le jardin pour capter les grandes ondes, après avoir lu une expérience dans un livre.

Et chaque dimanche, quand les amis ingénieurs de la famille passaient déjeuner, ils lui demandaient avec un grand sourire : "alors Georges, t'as fabriqué quoi cette semaine ?" Car Georges fabriquait des trucs, des machins, des synthétiseurs, des courts-métrages. Et tout cela lui donnait une sacrée confiance en lui. Un peu trop, peut-être, pour le système scolaire.

Dès qu'un cours ne l'intéressait pas, il n'y allait pas. Un jour, en seconde, la direction le convoque : "monsieur Duffau, on va devoir vous exclure 8 jours, parce que vous ne venez pas en cours." Ce à quoi Georges répond, très sérieusement : "y'a pas quelque chose d'incohérent dans ce que vous venez de dire ?"

Il quitte le lycée. Plus tard, il postule à un petit boulot d'été avec son bac -3. En entretien, on lui demande s'il connaît un certain type de cartes électroniques. "Oui, j'ai fabriqué un ordinateur avec." Silence. "Ah bon ? On pourrait le voir ?" "Bien sûr, il est dans le coffre de ma voiture." Le lendemain, il est embauché. Quelques mois plus tard, il devient numéro 2 de la boîte.

Parce qu'il a toujours eu un bac à sable à portée de main, un jour il a fini par construire le sien. Il l'a appelé Wit, une entreprise qui emploie aujourd'hui plus de 100 personnes. C'est son terrain de jeu, comme il dit.

En 2014, il en a créé un nouveau, Polar Sails, pour emmener des gens en Antarctique, à bord d'un voilier qu'il a retapé lui-même. Ce que cette histoire m'a appris, c'est que dans le bon environnement, un multipotentiel peut faire des étincelles.

L'autotélie, cette force souvent sous-estimée

Il reste un dernier ingrédient précieux chez les multipotentiels : l'autotélie. C'est le fait d'agir pour le plaisir de l'activité elle-même. Pas pour l'argent, pas pour la reconnaissance, pas pour le titre LinkedIn, mais pour le simple plaisir de faire, de comprendre, d'explorer.

Prenez Yann. Administrateur réseau, maître sushi, prof de karaté, coach agile, et à ses heures perdues il conçoit des supports pour filmer ses sauts en parachute. Quand je lui ai demandé quel était le lien entre tout ça, il m'a répondu : le kiff.

Voilà l'autotélie.
Faire les choses pour le plaisir, sans arrière-pensée.
Pas pour dominer, mais pour contribuer.

Ce que les entreprises devraient comprendre

Il y a déjà, chez vous ou autour de vous, des personnes multipotentielles. Des gens dont vous ne remettez jamais en cause l'implication ni l'enthousiasme, mais à qui vous reprochez souvent d'être trop éparpillés ou irréguliers.

Des touche-à-tout sur qui vous comptez pour lancer un projet ou proposer des idées neuves, mais que vous continuez d'évaluer sur leur seule technicité.

Repérez-les, valorisez-les. Ce sont vos connecteurs, vos éclaireurs, vos acteurs du changement. Donnez-leur un bac à sable et les moyens d'explorer pour mieux innover.

Ce que les jeunes devraient entendre plus souvent

Peut-être que vous découvrez ce mot aujourd'hui. Peut-être que vous le saviez depuis toujours sans jamais oser le dire.

Vous avez sans doute passé votre vie à vous croire instables, indécis, trop ou pas assez. Mais vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas le seul extraterrestre.

Prenez le temps d'analyser ce que vous avez fait, regardez les projets qui vous ont fait vibrer, les rôles que vous avez naturellement endossés, et cherchez-y le fil rouge.

Parce qu'une fois qu'on comprend et qu'on assume son fonctionnement, tout change.

Jeune homme se tenant droit, les bras croisés

Ce que les multipotentiels peuvent faire maintenant

Peut-être que vous découvrez ce mot aujourd'hui. Peut-être que vous le saviez depuis toujours sans jamais oser le dire. Vous avez sans doute passé votre vie à vous croire instables, indécis, trop ou pas assez.

Mais vous n'êtes pas seul, vous n'êtes pas le seul extraterrestre.

Prenez le temps d'analyser ce que vous avez fait, regardez les projets qui vous ont fait vibrer, les rôles que vous avez naturellement endossés, et cherchez-y le fil rouge.

Parce qu'une fois qu'on comprend et qu'on assume son fonctionnement, tout change.

Et si on changeait la question ?

J'ai une dernière proposition à vous faire. Et si on remplaçait la question "tu veux faire quoi comme métier plus tard ?" par "quel problème veux-tu aider à résoudre plus   tard ?"

Parce que ce qui compte, c'est l'élan et le sens.
Le métier importe peu.

Votre curiosité n'est pas un vilain défaut.
C'est ce dont le monde a le plus besoin.

Ce que cette conférence m'a confirmé, un an après

Depuis ce jour d'avril 2025, la vidéo a dépassé les 2 800 vues, et surtout j'ai reçu une quantité de messages que je n'avais pas anticipée. Des gens qui, pour beaucoup, découvraient le mot "multipotentiel" grâce à cette conférence, et qui mettaient enfin un mot sur quelque chose qu'ils traînaient depuis des années sans savoir le nommer.

Le moment qui m'a le plus marqué, je l'ai vécu en direct. Pendant que je parlais, j'ai vu une personne pleurer dans le public. On sentait qu'elle était en train de se reconnaître, là, pour la première fois. Ce n'était pas de la tristesse. C'était le soulagement de comprendre qu'on n'est pas cassé, juste différent.

Cette conférence m'a confirmé trois choses.

D'abord que les multipotentiels existent bel et bien, et qu'ils sont nombreux.

Ensuite que beaucoup se sentent seuls, et que le simple fait de poser un mot sur leur fonctionnement change déjà quelque chose.

Enfin que le problème est rarement individuel : il est presque toujours systémique, lié à un monde qui valorise une seule voie. Ce ne sont pas que des impressions, notre enquête sur la multipotentialité va exactement dans ce sens.

Concrètement, ce TEDx a amené des gens vers la kommunauté Kmeo, et certains ont ensuite rejoint le Parkours. C'est peut-être ça que je retiens de plus précieux : une conférence de dix-huit minutes peut suffire à ce que quelqu'un arrête de se croire seul.

Pour aller plus loin

Speaker en pleine conférence TEDx présentant la marque Kmeo et le concept de multipotentialité sur scène.

Cette conférence donnée sur la scène de TEDxIMTMinesAlès n'était qu'un point de départ.

Si tu t'es reconnu dans ce portrait, le mieux est de commencer par comprendre ton propre fonctionnement.

Tu peux effectuer notre test sur la multipotentialité, ou bien te renseigner sur notre programme d'accompagnement signature pour les multipotentiels.

Sources

- Forum économique mondial (World Economic Forum), *The Future of Jobs*, 2016, pour le chiffre des 65 % des enfants scolarisés qui exerceront un métier encore inexistant. Chiffre très diffusé mais discuté, à prendre comme un ordre d'idée et non comme une donnée établie.


- Durée de vie des compétences techniques (de 30 ans en 1987 à moins de 2 ans aujourd'hui) : chiffre repris par plusieurs études et organismes (OCDE, World Economic Forum) sans document primaire unique faisant consensus.


- VICA / VUCA : terme forgé à la fin des années 1980 par l'US Army War College pour décrire l'environnement post-guerre froide.


- FANI / BANI : cadre proposé par le futurologue Jamais Cascio en 2020 dans son texte *Facing the Age of Chaos*, en réponse aux limites du modèle VUCA.


- Emily Wapnick, conférence TED *Why some of us don't have one true calling* (2015), à l'origine de la popularisation du terme multipotentiel.

Es-tu prêt.e à nous rejoindre ?

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Par Julien De Lopez11 juin 2026 📰 Article0 commentaires

À propos de l'auteur, Julien De Lopez

Julien De Lopez est le fondateur de Kmeo, coach professionnel certifié MasterCoach ICI, consultant en stratégie de communication et enseignant. Spécialiste des profils multipotentiels et atypiques, il a accompagné plus d’une centaine de personnes dans leur orientation et la construction de projets alignés. Conférencier TEDx sur la multipotentialité, il s’appuie sur des années de recherche, d’expérimentations pédagogiques et d’accompagnement terrain pour aider chacun à comprendre son fonctionnement et trouver une voie cohérente avec ses talents.

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