Et si nous parlions de ces croyances qui, comme leur nom l’indique si bien, nous limitent dans notre vie ? Vous savez, ces petites phrases anodines qui nous mettent le doute sur nos capacités, nos potentialités… Pourtant vous le verrez, ces convictions que nous avons sur nous ne sont bien souvent basées que sur des illusions !

Qu’est-ce qu’une croyance ?

Avant de la détaillée et même si cela peut nous sembler évident parlons d’abord de ce qu’est une croyance au sens général du terme.

Notre façon de voir le monde repose sur un système de convictions et de certitudes que nous avons intériorisé depuis notre plus jeune âge à travers les discours de notre entourage, nos parents, nos professeurs, etc… et que nous considérons comme étant des valeurs sûres, des choses vraies. Elles nous permettent non seulement de cadrer notre relation au monde et de nous y situer mais elles constituent aussi nos opinions et autres certitudes.

Ce système de croyances est régulièrement mis à jour via l’expérimentation de nouvelles données, ce qui signifie donc qu’elles ne sont pas immuables (fort heureusement !). 

Vous avez dit limitante ?

Tout à fait ! On les appelles limitantes ou limitatives car ce sont des croyances qui viennent limiter notre champ d’action, qu’il soit personnel ou professionnel. C’est une ou des convictions, des phrases, des mots, des peurs qui freinent ou empêchent l’action que nous souhaiterions entreprendre. Pour être plus claire, voici quelques exemples : 

  • Je ne vais pas reprendre des études à mon âge… 
  • C’est trop tard pour changer maintenant, je suis comme je suis !
  • Non mais c’était trop simple, j’ai forcement raté une étape.
  • Je dois trouver ma vocation.
  • Il faut travailler dur pour y arriver.
  • On n’a jamais rien sans rien.
  • C’est sérieux là, on travaille.
  • Je n’y arriverai jamais / Je dois être fort-e.
  • Je dois faire des efforts / faire plaisir.
  • Je suis trop vieux ou trop vieille pour apprendre.
  • Il faut que je / ce soit parfait !
  • C’est trop beau pour être vrai !
  • Le succès monte à la tête.

Est-ce que vous vous souvenez de ces discussions animées que nous pouvions avoir enfant, clamant que « MON papa a dit que / Ma maman a dit que … » ? On jouait la carte de l’adulte détenteur de vérité absolue pour imposer et expliquer pour quelle raison notre vision du monde (calquée sur celle de nos parents) était la vraie, la bonne, l’unique plutôt qu’une autre. Et c’est une réaction normale pour les enfants car les adultes sont la référence en matière de cadre, de faire et ne pas faire, bien et mal…

En soi ce n’est rien de grave. C’est uniquement lorsque ces croyances restent ancrées à l’âge adulte sans être remises en question qu’elles deviennent des « lois » régissant notre vie et qu’elles peuvent se révéler nocives.

«Voilà comment on apprend quand on est enfant. Nous croyons tout ce que les adultes nous disent. Nous sommes d’accord avec eux, et notre foi est si forte que le système de croyances contrôle tout le rêve de notre vie. […] La domestication est si forte, qu’arrivés à un certain point de notre vie, nous n’avons plus besoin de personne pour nous domestiquer : ni papa et maman, ni l’école ou l’église. Nous sommes si bien dressés que nous devenons nos propres dresseurs. Nous sommes des animaux autodomestiqués. Nous pouvons désormais nous domestiquer nous-mêmes selon le même système de croyances que l’on nous a inculqué, en utilisant le même processus de punition et de récompense. Nous nous punissons lorsque nous ne respectons pas les règles de notre système de croyances ; nous nous récompensons lorsque nous sommes un « gentil garçon » ou une « gentille fille ». Don Miguel Ruiz – Les 4 accords Toltèques

En fait c’est comme si l’on partait du principe qu’il y avait une vérité absolue et standard pour tout le monde, à laquelle nous essayons de coller. Ce qui, vous l’avouerez je pense, est absurde… 

Ok … et ?

Bon vous avez compris le principe, mais alors pourquoi je vous en parle ? Simplement parce lorsque nous sommes convaincus de quelque chose, cela devient notre réalité. Comme disait Bouddha : « Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde. » Donc lorsque l’on a des croyances sur nous, positives ou négatives, elles ont un impact sur notre façon de voir et vivre le monde.

Chez les personnes au profil multipotentiel, les envies et les freins sont multiples et la potentialité est souvent réprimée ou minimisée par une ou des croyances qui nous empêchent de nous révéler. Dans les 4 accords Toltèques, Don Miguel Ruiz parle d’un « livre de la Loi » dans lequel on dépose toutes ces croyances au fil de notre éducation et qui finit par régir notre vie. Il explique que nous vivons dans une projection du monde façonnée par ces croyances et que nous avons notre propre juge intérieur, qui nous condamne pour chaque geste désobéissant à ces Lois auxquelles nous n’avons parfois pas conscience.

« Une part de notre esprit juge toute chose et chacun, y compris le temps, le chien, le chat : tout. Ce Juge intérieur utilise ce qu’il y a dans le Livre de la Loi pour juger tout ce que nous faisons et ne faisons pas, tout ce que nous pensons et ne pensons pas, tout ce que nous ressentons et ne ressentons pas. Tout est soumis à la tyrannie de ce Juge. Chaque fois que nous faisons quelque chose de contraire au Livre de la Loi, le Juge nous déclare coupables, nous devons être punis et avoir honte. Cela se produit plusieurs fois par jour, jour après jour, durant toutes les années de notre vie. » 

ll faut comprendre que la plupart de ces croyances sont là car nous les avons acceptées dans notre système de croyance. Et nous n’avons peut être pas remis en question ce dernier depuis longtemps.

C’est donc justement à ce moment qu’il est important d’identifier son système de croyance, de le remettre en question pour qu’à l’âge adulte nous puissions choisir ce que nous souhaitons garder ou jeter. Il s’agit de questionner le bien-fondé de ces « affirmations personnelles » et les faire passer par un questionnaire simple et efficace :

  • Qui dit ça ?
  • Suis je d’accord avec ça ?
  • Est-ce objectivement vrai ?
  • Est-ce que ça m’aide ?
  • Est-ce que je suis sûr à 100% que ce n’est pas possible ?

Ré-interroger notre rapport au monde « standardisé » est un travail (un sport même parfois) d’introspection nécessaire, parfois désagréable avouons-le, mais dont le résultat nous amènera à nous découvrir sincèrement, à changer de regard sur le monde qui nous entoure mais aussi sur nous-même, et à libérer notre plein potentiel.

Quelques tips pour s’en libérer !

  • Pensez à toutes les fois où vous commencez une phrase par « Il faut … », « Je dois … », « Je ne peux pas … » et écrivez-les sur une feuille.
  • Remettez-les en question en répondant pour chacune d’entre elles à ces questions : Qui dit ça ? Est-ce 100% vrai ? Est-ce vraiment utile dans ma vie ? Est-ce positif pour moi ?
  • Inversez le processus en les transformant en « Je m’autorise à … », « Je peux … »…

Prendre conscience de nos limites, c’est déjà faire 50% du chemin à parcourir pour les dépasser. Et avoir pleinement conscience de nos forces, c’est le meilleur moyen pour s’entraîner à les renforcer.

Et pour conclure et illustrer simplement ce sujet des croyances limitantes, je vous propose de terminer par la fable « Le dompteur et l’éléphant » de Paolo Coelho :

« Un dompteur de cirque parvint à dresser un éléphant en recourant à une technique très simple : alors que l’animal est encore jeune, il lui attache une patte à un tronc d’arbre très solide. Malgré tous ses efforts, l’éléphanteau ne parvient pas à se libérer. Peu à peu, il s’habitue à l’idée que le tronc est plus fort que lui. Une fois qu’il est devenu un adulte doté d’une force colossale, il suffit de lui passer une corde  au pied et de l’attacher à un jeune arbre. Il ne cherchera même pas à se libérer. Comme ceux des éléphants, nos pieds sont entravés par des liens fragiles. Mais comme nous avons été accoutumés dès l’enfance à la puissance du tronc d’arbre, nous n’osons pas lutter. Sans savoir qu’il nous suffirait d’un geste de courage pour découvrir toute notre liberté. »

Et vous ?

Quelles sont ou ont été vos croyances limitantes ? Quelles sont celles que vous entendez le plus régulièrement autour de vous ?
Racontez-nous en commentaires ou dans le groupe de discussion Facebook !