Mon article sur la créativité m’a donné envie d’explorer le thème de l’Art. Alors voici le pendant de l’article précédent.

Les Arts et les artistes m’ont toujours fascinée. Je me souviens encore de la première fois où, lors d’un voyage scolaire, je me suis retrouvée devant “Le Printemps” de Botticelli au musée des Offices à Florence.

Mon premier coup de foudre

J’errais avec les copains, pensant plus à papoter et rigoler qu’à lever les yeux. J’avais 14 ans quoi… et au détour d’une salle, la claque. Devant moi, Vénus sortant des eaux. Et à sa droite, le Printemps. Deuxième claque, K.O. technique.

Les Trois Grâces.

Je les connaissais évidemment, en petits encadrés de 4cm de haut dans les livres d’histoire. Mais là, elles étaient devant moi, plus grandes que moi, sur un tableau d’une immensité et d’une beauté indescriptibles. Je suis restée immobile, subjuguée, incapable de détourner le regard. Dévorant chacun des détails que je connaissais mais que je redécouvrais, là, devant moi. Écrasée, emportée par le génie de l’artiste. Mon premier coup de foudre artistique.


La magie née du travail acharné

J’ai évidemment été bouleversée, mais ça a aussi placé la barre très haut. Botticelli, quoi ! Un Maître dans son domaine. Dur de comparer, de SE comparer, à un génie pareil.

Découvrir, décortiquer le jeu des couleurs et des textures. Démêler les émotions nées grâce à des milliers de coups de pinceaux patiemment accumulés. S’émerveiller de la puissance et de la force émanant de couches de pigments sur des panneaux de bois. Se dire qu’on aimerait essayer nous aussi de faire naitre une émotion pareille… et arrêter son projet devant le rayon pinceaux et toiles du magasin d’arts le plus proche de chez soi.

L’Art dans son aboutissement est tellement travaillé, fouillé, répété, approfondi, sublimé. Il fait oublier les heures de travail et de dédication qu’il a nécessité pour apprendre, comprendre, maitriser, puis enfin transcender le geste physique pour qu’il n’en reste à la fin que l’émotion.

La peinture, la musique, la danse, la poésie, tout cela se “résume” à ça. Dépasser le geste pour n’en garder que l’émotion.

Ce travail acharné, cette recherche, cette perfection sont ils compatibles avec un profil mutlipotentiel ?

Peut-on atteindre cette perfection, construite en se concentrant sur un point précis pendant des années, quand notre cerveau tout entier nous hurle de passer à autre chose une fois un concept saisi ?

Doit-on s’obliger à se perfectionner dans un domaine, même lorsque l’envie nous quitte, pour progresser et en devenir expert ?

La multipotentialité rend-elle cette quête impossible ?

J’ai acquis une certaine vision de mon fonctionnement. Une certaine “sagesse” diraient certains, mais ils ne doivent pas me connaitre vraiment… En tout cas, je sais que je peux uniquement me forcer jusqu’à un certain point. Au-delà ce n’est bon pour personne : ni moi, ni mon entourage, ni pour le sujet en question. Chercher à pousser un peu la limite et accroître ma capacité de travail à un moment donné m’a beaucoup servi. Pousser pour pousser, quand tout mon être me dit d’arrêter m’a brisée. Il faut donc trouver un juste milieu.

Changer, souvent. Approfondir, de temps en temps.

Peut-on devenir Maître dans un Art avec ce fonctionnement ? Je vais être franche, je ne pense pas.

“C’est le travail qui importe. Sans travail, le talent n’est qu’un feu d’artifice: ça éblouit un instant, mais il n’en reste rien.” – Roger Martin du Gard, Les Thibault

Alors si je ne peux apporter au monde ce que Botticelli, Mozart ou Rimbaud ont apporté, dois-je m’y confronter ? Est-ce même la peine de seulement essayer ?

Et bien… ça dépend.

 

Que cherche-t-on à travers l’Art ?

À travers sa pratique ? À communiquer une émotion aux autres, ou à donner une forme à la notre ? Est- ce que Botticelli en donnant ses milliers de coups de pinceaux s’est dit : “ah je vais mettre ça là, ça va leur mettre la larme à l’oeil!”, ou s’est-il concentré sur les émotions qui naissaient en lui en créant ?

Et si on cherche à donner corps à notre émotion, est-ce que cela doit être parfait? Nos émotions sont- elles parfaites ? Peut-on être en colère de façon parfaite ? Triste ? Heureux ? Pourquoi voudrait-on que leurs expressions le soit ?

Libre à chacun de trouver ses réponses évidemment. Pour ma part, je trouve que je suis finalement la seule juge pour déterminer si l’expression artistique de mes émotions me convient ou pas. Et si je préfère le faire seule en chantant sous la douche ou den dansant dans ma cuisine, en prenant des photos de toutes les portes que je croise en balade ou en jouant de la guitare assise sur mon lit. Cela a-t-il moins de valeur que celle de Botticelli? Aux yeux du monde extérieur, définitivement. Mais à mes yeux à moi ?

Moi, j’aurais exprimé mes émotions. Je leur aurais donné corps et permis de se détacher de moi. Ce que la postérité en fera ? Je ne sais pas. Mais moi? Comme Botticelli, Dali, Mozart, Brassens, Petipa, et tant d’autres, j’aurais donné corps à ma propre émotion.

En ça, je suis Artiste dans ma propre vie.

Et un jour, peut-être, les émotions que je ressens prendront la forme d’une création, qui amènera d’autres que moi à la partager, à se reconnaitre et à s’identifier à elle. Peut-être qu’alors je deviendrai artiste aux yeux des autres.

Pour moi, je resterais juste moi. Racontant ma vie, mes joies, mes peines, par les pinceaux qui m’auront choisie.

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